28 octobre 2005

La différence

Nuit_des_absentes_face_wIl y aurait tant et tant de choses à dire sur cette sculpture " la nuit des absentes" Sous l'immobilité et le calme apparent, la guerre fait rage...ce sont à la fois toutes mes nuits d'insomnies, tous mes questionnements sur la normalité et l'anormalité, sur mon sentiment de différence, sur la volonté de pureté, sur l'incompréhension de la vie telle qu'elle est vue par d'autres, sur la fragilité de mon architecture intérieure.

Tous ces personnages hiératiques ( figés, comme réglés par une tradition sacrée) et qui vont tous dans le même sens, comment fait-on quand on se sent différent, quand on ne peux pas?

Deux réponses , mais qui chacune excluent.

Faire comme celle qui leur tourne le dos? se mettre à l'écart dans ce que l'on croit être la pureté de son coeur. Essayer de devenir transparente aux autres, simplement pour qu'on vous oublie, pour que l'on cesse de voir votre incapacité à marcher au même pas, à penser de la même façon....

Bien sûr quand j'ai créé ces pièces, la vérité de l'ensemble était là.

Mais l'inconscient est une machine à vérité implacable...quand je suis allée à la fonderie, j'ai pris toutes les sculptures une par une et je les ai placées ainsi, croyant obéir à des raisons d'ordre esthétique. Aujourd'hui avec un peu de recul, je m'aperçois de la justesse de ce choix. Il est le miroir de mes angoisses.

21 septembre 2005

Une peur de bronze

La_nuit_des_absentes_web Quand on y songe c'est vraiment une vie étrange.
On rêve, on est submergé d'angoisses, d'émotions, de questions et un jour on donne forme et matière à une question qui ne faisait que tourner en soi en creusant son sillon d'angoisse...
Le temps passe et cette peur, votre peur est là soudain devant vous elle a une forme, une matière.
Elle est devenue sculpture.....

11 juin 2005

Le petit peuple des folles

Le_petit_peuple_des_folles Pardon de vous avoir abondonnés hier soir, mais j'étais vraiment fatiguée. A la fonderie, (là avec Frédéric) nous avons commencé une première mise en scène des folles..
Curieux de les retrouver, des mois après l'atelier, elles m'étaient un peu étrangères, nous étions presque intimidées de nous retrouver après tant de temps. Comme si le rêve auquel elles appartenaient Lt_des_caressess'était déjà un peu éloigné.
Ou alors c'est moi qui avait du mal à être là. Un peu comme d'habitude..

Au passage j'ai vu " L'été des caresses", une autre de mes sculptures, qui profite un peu de ses habits d'or avant d'être patinée. Je remarque toujours quel que soit le lieu, leur incroyable aptitude à la solitude. Même les "folles", on dirait que chacune est dans sa propre folie , minuscule périmètre clos. Elles ne partagent que le nombre et l'espace qu'on leur attribue.
Peu importe, elles sont là où on leur demande d'être, elles ne demandent rien.

Loiseleuse_1 Elles existent à minima.
Impitoyables auto-portraits.

"l'oiseleuse", elle, se faisait patiner, en regardant vers la fenêtre, l'espace, l'ailleurs toujours....partir ou plutôt n'être plus là, la nuance ve vaut pas en kilomètres, elle se mesure en mondes différents...

Le décalage horaire était si fort, qu'arrivée à la maison le soir, j'étais revenue de très loin... de très ..ailleurs....

Je n'ai pas su vous retrouver tout de suite.....

 

10 juin 2005

Pas réveillée mais...

Pas bien réveillée, normal je n'ai encore bu que trois thés..
Juste pour vous dire que je pars ce matin à la fonderie travailler avec Olivier, sur la couleur des robes des "folles" et mettre en place le premier groupe.. mon fidèle appareil photo sera avec moi, pour essayer de vous ramener plein d'images...

Je vous embrasse tous

Marie

ah oui tiens ! tellement pas réveillée que j'ai oublié de vous dire que j'ai été voir le site de Cali "De l'autre côté des cailloux" j'ai adoré...

<Cadeau de 100ème note>

Yann Tiersen - Les retrouvailles - Plus d'hiver avec Jane B.
</Cadeau de 100ème note>  Flo

21 avril 2005

La nuit des absentes

Les_absentes1_1Chacune est unique mais le groupe, leur donne la force de ces rêves, un peu obsédants.

Ce sont des femmes nocturnes.

Nocturnes, parce qu’émergeant de nos rêves, de notre inconscient.

Légèrement décalées par rapport aux images féminines classiques, dénuées d’expression,

à la frontière de la réalité, à la frontière de la normalité, leurs déplacements silencieux suggèrent un réseau, de relations entre elles, qui nous demeure fermé. Un langage gestuel dont nous n’avons pas la clé.

Ces mondes là, ceux de "La nuit des absentes", ceux de "La nef des fous", et d’autres coexistent dans mon imaginaire. 
Ils le peuplent, interfèrent dans ma vie, et se superposent quelquefois de manière troublante à la réalité.

Ce sont de minuscules glissements de terrain, d’infimes catastrophes naturelles, qui rendent la réalité toujours incertaine. 

03 avril 2005

Comment les « folles » viennent à vous ?

C’est une histoire de capillarité, la définition en physique est celle-ci: "Phénomène d’ascension des liquides dans les tubes fins, dû à la tension superficielle entre des milieux de natures différentes".

J’ajouterai que dans mon cas c’est un phénomène souterrain, les tubes fins auront été dans ce cas :

Une exposition de Makhi Xénakis  intitulée «Les folles d’enfer de la Salpétrière», moins l’expo d’ailleurs que d’apprendre l’histoire des ces milliers de femmes (jusqu’a huit mille enfermées).
Leurs fautes ? mendiantes, filles mères, ivrognes, adultérines criminelles, sorcières, juives, impies, libertines, crétines Etc.…..

 

Une discussion avec quelqu’un de proche qui me parlait de «l’hystérie» de sa femme.

 

Des livres lus à la suite de cette discussion, par simple curiosité intellectuelle, l’invention de l’hystérie, Art et psychiatrie, les mardis du docteur Charcot.

 

Et mille autres coïncidences, petits capillaires, qui viennent "de milieux différents" comme le dit la définition.

 

Jusque là rien n’est proche de vous. Vous croyez simplement à une légitime curiosité intellectuelle.
Et puis petit à petit, ces capillaires se rejoignent et une réflexion personnelle commence.
Qui ? Selon les pays, les cultures décide de ceux qui sont hors norme ou pas ?

Qu’est ce qu’un comportement normal ? Normal par rapport à qui ? Ou sont écrites les règles, et par qui ?

 

Attention tout cela se rapproche dangereusement de vous de vos propres doutes, de votre insécurité personnelle, et puis soudain d’extérieure au sujet vous vous retrouvez par un imperceptible glissement de terrain en plein centre du sujet.

C’est de votre propre normalité dont il est question, de vos propres angoisses par rapport à ces milles questions qu’on vous a posé sur votre manière d’agir ou d’être tout simplement

Tout au long de votre vie.
Vous, et de votre rapport si difficile à la Réalité.

 

Et la pression, la tension devient  si forte que l’angoisse vous submerge chaque jour un peu plus. C’est là qu’on se met un jour à créer ce que nous appelions gentiment entre nous « les folles ».

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  • EdwardT. HALL: Le langage silencieux
  • Hans Fallada: Seul dans berlin

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notes

La nuit des absentes

  • Index_003
    Comment les « folles » viennent à vous ? C’est une histoire de capillarité, la définition en physique est celle-ci : Phénomène d’ascension des liquides dans les tubes fins, dû à la tension superficielle entre des milieux de natures différentes. J’ajouterai que dans mon cas c’est un phénomène souterrain, les tubes fins auront été dans ce cas : Une exposition de Makhi Xénakis intitulée « les folles d’enfer de la Salpetrière », moins l’expo d’ailleurs que d’apprendre l’histoire des ces milliers de femmes (jusqu’a huit mille enfermées) leurs fautes ?mendiantes, filles mères, ivrogne, adultérines criminelles, sorcières, juives, impies, libertines, crétines Etc.….. Une discussion avec quelqu’un de proche qui me parlait de « l’hystérie » de sa femme. Des livres lus à la suite de cette discussion, par simple curiosité intellectuelle, l’invention de l’hystérie, Art et psychiatrie, les mardis du docteur Charcot. Et mille autres coïncidences, petits capillaires, qui viennent »de milieu différent » comme le dit la définition. Jusque là rien n’est proche de vous, vous croyez simplement à une légitime curiosité intellectuelle. Et puis petit à petit ces capillaires se rejoignent et une réflexion personnelle commence. Qui ? Selon les pays, les cultures décide de ceux qui sont hors norme ou pas ? Qu’est ce qu’un comportement normal ? Normal par rapport à qui ? Ou sont écrites les règles, et par qui ? Attention tout cela se rapproche dangereusement de vous de vos propres doutes, de votre insécurité personnelle, et puis soudain d’extérieure au sujet vous vous retrouvez par un imperceptible glissement de terrain en plein centre du sujet. C’est de votre propre normalité dont il est question, de vos propres angoisses par rapport à ces milles questions qu’on vous a posé sur votre manière d’agir ou d’être tout simplement Tout au long de votre vie. Vous, et de votre rapport si difficile à la Réalité. Et la pression, la tension devient si forte que l’ angoisse vous submerge chaque jour un peu plus. C’est là qu’on se met un jour à créer ce que nous appelions gentiment entre nous « les folles » et que l'on appellera officiellement "La nuit des absentes".

Les Complices

  • Claire
    Parfois témoins , souvent passeurs de relais, ils sont ceux qui complètent le travail du sculpteur, qui le rendent moins solitaire aussi.